En visite de contrôle sur le chantier de réfection de l’Université des sciences de la santé (USS), le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Charles Edgar Mombo, a exprimé son mécontentement face à la lenteur des travaux du pôle CTRI. Il menace de saisir la justice si l’entreprise en charge du chantier ne redresse pas rapidement la situation. Malgré ces retards, les cours de l’année académique 2026-2027 ont démarré le 5 octobre dernier.
Un mois après son précédent passage, le Pr Charles Edgar Mombo dit ne constater que peu d’évolution sur le chantier du pôle CTRI. Une situation qu’il juge difficilement acceptable au regard des ressources financières déjà débloquées par l’État. Le ministre rappelle que l’entreprise chargée des travaux aurait bénéficié de la plus grande part d’une enveloppe de trois milliards de francs CFA destinée à l’USS. Face à ce qu’il considère comme un manque de diligence, il prévient : « Si les choses ne rentrent pas dans l’ordre immédiatement, il va se retrouver à se justifier auprès de la justice. » Il annonce également des contrôles tous les deux jours pour suivre l’évolution du chantier et obtenir des explications des responsables.
Toutefois, le membre du gouvernement distingue ce retard des progrès enregistrés sur d’autres infrastructures. Il se réjouit notamment de la réhabilitation des laboratoires de l’université, qui interviennent dans des domaines tels que la virologie et l’immunologie. Selon lui, ces installations pourraient retrouver leur fonctionnalité dans environ un mois. Les travaux des chambres universitaires avanceraient également de manière satisfaisante, d’après les informations et les images qu’il reçoit régulièrement. Pour le ministre, le principal point de blocage demeure donc le pôle CTRI, dont l’achèvement est essentiel à l’amélioration des capacités d’accueil de l’établissement. 
Du côté de l’administration universitaire, le constat est tout aussi préoccupant. La rectrice, le Pr Solange Andeme Afene épouse Nzenze, confirme que les cours ont commencé le 5 octobre, malgré le retard dans la livraison du complexe. Elle rappelle que les responsables de l’université sont présents quotidiennement sur le chantier et connaissent l’importance de ces infrastructures pour assurer une rentrée dans de bonnes conditions. Elle regrette notamment que l’entrepreneur concentre ses efforts sur les voiries et les stades, alors que le complexe destiné à accueillir les étudiants devait être achevé en priorité. Elle dénonce ainsi un manque de diligence et appelle implicitement à davantage de responsabilité dans l’exécution des travaux.
Pour maintenir les enseignements, la rectrice explique que l’université a procédé au nettoyage et à la préparation des salles disponibles, même si les conditions d’accueil restent encore perfectibles. L’établissement doit également faire face au retard de livraison des tables-bancs commandées en Turquie, acheminées par bateau. En attendant leur arrivée, des solutions provisoires sont recherchées pour équiper les salles de cours. Si le démarrage de l’année académique 2026-2027 a pu être assuré, l’administration reconnaît que la situation ne pourra être pleinement satisfaisante qu’avec la livraison des infrastructures attendues. Entre les avertissements du ministre et les difficultés exposées par la rectrice, la poursuite du chantier du pôle CTRI s’impose désormais comme une urgence pour garantir aux étudiants un environnement d’apprentissage adapté.