La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a reçu le 14 septembre les membres du Mouvement national des visionnaires du Gabon (MNVG), après leur mobilisation devant le ministère de la Fonction publique. Au cœur des échanges, l’affectation des postes budgétaires annoncés par le chef de l’État et l’adéquation entre les profils des candidats et les besoins du système éducatif.
La rencontre devait permettre de passer de la contestation au dialogue. Après le mouvement de grève organisé la semaine précédente devant le ministère de la Fonction publique, les membres du MNVG ont été reçus à l’auditorium de l’immeuble Arambo par Camélia Ntoutoume-Leclercq. Les échanges ont porté sur les dossiers relevant du département de l’Éducation nationale dans le cadre des 1 500 postes budgétaires annoncés par le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema.
La principale difficulté tient à la diversité des profils concernés. Les dossiers transmis au ministère vont du certificat d’études primaires au doctorat, avec des formations en droit, gestion, psychologie, électronique ou encore informatique. Or, les besoins immédiats de l’Éducation nationale portent notamment sur le recrutement d’enseignants dans les disciplines traditionnelles. L’enjeu est donc de déterminer comment intégrer ces candidats sans perdre de vue les besoins prioritaires du système éducatif.
Plusieurs solutions ont été évoquées au cours de la rencontre. Les profils administratifs et techniques pourraient faire l’objet d’une intégration directe, tandis que certains cadres d’inspection, juristes, gestionnaires et personnels d’appui seraient orientés vers les postes correspondant à leurs compétences et aux disponibilités. Pour d’autres candidats, le ministère envisage un stage d’imprégnation destiné à faciliter leur adaptation aux fonctions envisagées.
La formation constitue l’autre axe du dispositif. Les profils scientifiques et techniques pourraient suivre, à l’IFDP, une formation de 18 mois en alternance en vue d’enseigner dans les lycées techniques. Les titulaires de licence et de master seraient orientés vers l’Institut de formation aux métiers de l’éducation (IFME), anciennement ENS, pour se préparer aux métiers d’enseignant dans les collèges et lycées. Ces formations doivent être organisées « hors mur » en raison du manque de places. D’autres perspectives sont également envisagées, notamment dans la planification de l’éducation et l’orientation scolaire, des débouchés susceptibles de correspondre notamment aux profils de psychologues. La ministre a assuré que les pouvoirs publics examinaient les dossiers « dans la sérénité », avec la volonté de rechercher des solutions pour les candidats concernés.