Une société civile renforcée sur le papier, fragilisée sur le terrain ?

Le cadre institutionnel de la société civile gabonaise a-t-il réellement renforcé son rôle dans la démocratie, ou reste-t-il encore limité dans sa mise en œuvre ? La question était au cœur d’un panel consacré aux organisations de la société civile (OSC) lors du Forum citoyen de l’UE, modéré par Geoffroy Famboula, deuxième vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Intervenant sur le sujet, il a estimé que des progrès réels ont été enregistrés ces dernières années. « Les avancées institutionnelles n’ont jamais été aussi importantes qu’aujourd’hui », a-t-il affirmé, rappelant que le Gabon fait partie des rares pays à avoir inscrit la participation de la société civile dans sa Constitution comme acteur clé de la démocratie.

L’aspect législatif, il cite plusieurs textes adoptés ou en cours de finalisation, notamment une loi encadrant la création et l’organisation des ONG, ainsi qu’un texte sur la protection et la défense des droits humains. Il évoque également la loi relative aux personnes vivant avec un handicap, adoptée à l’Assemblée nationale mais encore en attente d’harmonisation avec le Sénat.

Mais ces avancées suffisent-elles à garantir une société civile pleinement opérationnelle ? Pour Geoffroy Foumboula, des défis majeurs persistent, notamment d’ordre structurel. « L’encadrement de la société civile et le financement de ses activités restent des défis qu’il nous faudra relever », a-t-il souligné.

Pour la question du financement, il met en avant le rôle des partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne, qui a permis de mobiliser des fonds importants en faveur des OSC. Il regrette cependant le faible engagement de l’État dans ce domaine : « L’État préfère accompagner les partis politiques, mais n’investit pas encore suffisamment dans la société civile », a-t-il déploré, appelant à un rééquilibrage du soutien public.

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L’Union européenne apparaît aujourd’hui comme un acteur clé, ayant mobilisé des fonds importants pour accompagner les OSC mais est-ce que le soutien des partenaires internationaux peut-il compenser le manque d’engagement financier de l’État ? Toutefois, cette dépendance soulève la question de la durabilité du modèle de financement de la société civile au Gabon.

Concernant le rôle du Conseil économique, social et environnemental, il rappelle qu’il s’agit d’une institution consultative chargée de formuler des avis sur les politiques économiques, sociales, environnementales et culturelles. Il cite notamment l’exemple de l’Iboga, où un avis du CESE a contribué à l’adoption d’un décret encadrant son usage.

Entre reconnaissance institutionnelle et contraintes de terrain, la société civile gabonaise continue ainsi de se structurer, dans un contexte où ses ambitions dépendent encore largement de la consolidation des mécanismes de soutien et de gouvernance.

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