Face à la montée des violences faites aux enfants et à la fragilisation du cadre familial, le gouvernement gabonais a lancé, mercredi à Libreville, une campagne nationale de sensibilisation à la parentalité responsable. L’initiative vise à renforcer la protection des enfants, encourager des pratiques éducatives positives et mobiliser l’ensemble des acteurs sociaux autour du bien-être familial.
La cérémonie officielle s’est tenue dans le 6e arrondissement de Libreville sous la conduite de la ministre des Affaires sociales chargée de la Protection de l’Enfance et de la Femme, Armande Longo épouse Moulengui. Devant plusieurs responsables administratifs, partenaires institutionnels et représentants de la société civile, la ministre a insisté sur la nécessité de replacer l’éducation et l’encadrement des enfants au centre des priorités nationales.
Dans son intervention, la membre du gouvernement a rappelé que la parentalité responsable ne relève pas uniquement de la sphère privée, mais constitue également un enjeu collectif touchant directement à l’équilibre social. Selon elle, cette campagne doit permettre de sensibiliser les familles aux responsabilités éducatives, au respect des valeurs familiales et citoyennes, ainsi qu’à la prévention des comportements à risque chez les jeunes. Les autorités souhaitent également promouvoir davantage le dialogue au sein des foyers afin de consolider les liens entre parents et enfants.
Présente à cette rencontre, la représentante résidente de l’UNICEF au Gabon, Marie Reine Chirezi Fabry, a souligné l’importance d’un accompagnement parental dès la grossesse jusqu’à l’adolescence. Elle a plaidé pour des méthodes éducatives positives, inclusives et protectrices afin de garantir un développement harmonieux des enfants dans un environnement stable et sécurisé.
Cette campagne intervient dans un contexte marqué par des indicateurs préoccupants concernant la situation des enfants au Gabon. Selon les données présentées, 25,6 % des enfants ne vivent pas avec leurs parents, tandis que les violences en milieu familial et scolaire demeurent fréquentes. Les autorités attribuent cette situation à plusieurs facteurs, notamment les difficultés économiques, les tensions familiales et la méconnaissance des droits de l’enfant. Le lancement officiel de la campagne a été marqué par la remise d’outils de sensibilisation aux acteurs impliqués, ouvrant ainsi la voie au déploiement de l’initiative dans les différentes localités du pays.