La crise couvait depuis plusieurs jours, elle franchit désormais un seuil critique. En suspendant les cours ce 4 mai 2026, les enseignants issus des ordres confessionnels entendent contraindre les autorités à répondre à leurs revendications, sur fond de soupçons graves de détournement de postes budgétaires.
Réunis en collectif, les enseignants de l’Éducation nationale issus des réseaux confessionnels ont décidé de suspendre les cours à compter du lundi 4 mai, après plus d’une semaine de sit-in devant le ministère de la Fonction publique. À l’origine de leur mobilisation : la non-régularisation de leur situation administrative, qu’ils dénoncent comme « une situation d’injustice » persistante malgré leurs multiples démarches.
Depuis le 27 avril, ces professionnels de l’éducation occupent le parvis du ministère pour exiger leur intégration effective et le paiement de leurs salaires. Pour eux, cette suspension des activités pédagogiques constitue un ultime levier pour se faire entendre. « Nous ne pouvons plus continuer à enseigner sans reconnaissance ni rémunération », affirment-ils, déterminés à maintenir la pression jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Reçus le 4 mai par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, les représentants du mouvement disent avoir trouvé une oreille attentive, mais sans engagement formel. « Oui, à son niveau, elle a dit être prête à nous défendre, et elle le fera savoir à qui de droit (…) mais toutefois, elle ne promet rien », a déclaré leur porte-parole, Duphy Mintoo Ella, traduisant une avancée jugée encore insuffisante par le collectif.
Au cœur de la crise, une accusation lourde, celle d’un possible détournement de postes budgétaires. « Il semblerait que nos postes budgétaires soient détournés », avancent les enseignants, qui exigent des éclaircissements. « Nous demandons l’ouverture d’une enquête administrative et, si nécessaire, judiciaire. Si des postes budgétaires ont été détournés, les Gabonais doivent savoir », martèlent-ils, dénonçant une situation qu’ils jugent inacceptable.
Déterminés à obtenir gain de cause, les enseignants en appellent désormais directement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en sa qualité de « garant des institutions ». « Nous refusons de croire que le président cautionne que des pères et mères de famille soient affamés », insistent-ils. Le collectif annonce le maintien du mouvement : « Le piquet de grève restera installé » jusqu’à régularisation de leur situation et paiement des salaires, avec même la perspective d’une extension de la mobilisation devant l’Assemblée nationale. Plus de 800 enseignants issus des réseaux catholique, protestant, de l’Alliance chrétienne et islamique sont concernés par cette crise aux répercussions potentiellement durables sur le système éducatif gabonais.