« Produire localement ou subir la vie chère »

Au Gabon, la question du coût de la vie s’impose comme l’un des défis économiques les plus sensibles du moment. Face à la persistance de la flambée des prix, le président Brice Clotaire Oligui Nguema dresse un constat sans détour et reconnaît les limites des mécanismes actuels de régulation.

« Les mesures de plafonnement ont atténué la hausse, mais elles ne l’ont pas éliminée », admet-il, soulignant une réalité que subissent quotidiennement les ménages. Dans les marchés comme dans les foyers, la pression inflationniste reste palpable, notamment sur les produits de première nécessité.

Pour le chef de l’État, le problème est structurel. Il ne s’agit pas seulement d’un déséquilibre conjoncturel, mais d’une dépendance profonde aux importations. « Le problème est structurel : le Gabon importe l’essentiel de ce qu’il consomme », insiste-t-il. Une dépendance qui expose l’économie nationale aux chocs extérieurs et limite la capacité d’action de l’État sur les prix.

Face à ce diagnostic, la stratégie choisie est de produire localement. Le gouvernement entend faire de la relance de la production nationale un levier central de lutte contre la vie chère. L’objectif est donc double d’une part réduire la dépendance extérieure et d’autre renforcer la souveraineté économique du pays.

Cette orientation s’accompagne de mesures fiscales et réglementaires. Parmi elles, la révision de la TVA sur certains produits de grande consommation et de matériaux de construction, ainsi que le renforcement des contrôles des prix sur le terrain. L’exécutif mise également sur les dispositifs de signalement pour lutter contre les abus commerciaux.

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Mais au-delà des annonces, la question principale reste celle du temps économique. Relancer une production locale compétitive nécessite des investissements, des infrastructures, une main-d’œuvre qualifiée et un environnement industriel stable. Autant de conditions qui ne produisent pas d’effets immédiats sur les prix à la consommation.

Le président en est conscient. En appelant à un changement de modèle, il engage le pays dans une transition économique de fond, dont les résultats ne pourront être mesurés qu’à moyen terme. Entre-temps, la population continue de faire face à une réalité plus immédiate, celle d’un panier de la ménagère toujours sous pression.

Dans ce contexte, le défi du gouvernement est double. Il s’agit à la fois de contenir les tensions sociales à court terme et de poser les bases d’une transformation structurelle durable. Une équation délicate, où la réussite dépendra autant de la rapidité d’exécution des réformes que de leur cohérence globale.

La lutte contre la vie chère devient ainsi bien plus qu’un enjeu économique, elle se verra comme un autre test de crédibilité pour la politique de transformation annoncée.

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