Face à la crise énergétique, Oligui Nguema promet des résultats

Un an après son arrivée au pouvoir, le président Brice Clotaire Oligui Nguema choisit de ne pas esquiver l’un des sujets les plus sensibles du quotidien des Gabonais : l’électricité et l’accès à l’eau. Et le ton est sans détour. « Les délestages sont inacceptables. Point ! Les Gabonais ont le droit d’avoir de l’électricité 24 heures sur 24, et de l’eau potable dans leurs robinets. »

Derrière cette déclaration ferme, le constat est lourd. Le pays fait face à un déficit énergétique estimé à 60 mégawatts, des infrastructures vieillissantes, et une entreprise nationale fragilisée par des dettes accumulées et des dysfonctionnements internes. Une situation qui alimente, jour après jour, la frustration des ménages comme des entreprises.

Le chef de l’État reconnaît l’ampleur du défi, tout en appelant à la patience : « Si les résultats attendus ne viennent pas assez vite, que les Gabonais comprennent qu’il faut deux ans pour la construction d’une centrale et cinq ans pour un barrage. » Une temporalité difficile à accepter pour une population confrontée à des coupures récurrentes et à un stress hydrique persistant.

Pour répondre à l’urgence, un plan a été engagé. Il prévoit notamment la réhabilitation des équipements existants et l’augmentation des capacités de production, avec pour objectif d’atteindre 850 mégawatts grâce à de nouvelles centrales à gaz et au barrage de Kinguelé Aval. En parallèle, une réforme structurelle est envisagée : la séparation de la gestion de l’eau et de l’électricité, jugée « impérative pour la survie » de la SEEG.

Mais au-delà des annonces, une autre réalité transparaît dans les propos présidentiels : celle d’un système à reconstruire. « La patience du peuple n’est pas infinie, et je la partage », admet-il, tout en pointant « l’attitude de certains responsables » et la nécessité d’une transformation en profondeur, notamment à travers la digitalisation et une meilleure gouvernance.

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Sans énergie fiable, difficile d’envisager une industrialisation, d’attirer des investisseurs ou même d’assurer des services publics de qualité. Le chantier énergétique devient ainsi le véritable test du quinquennat, celui qui dira si la promesse de transformation du pays peut résister à l’épreuve du concret.

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