Depuis l’auditorium Alexandre SAMBA de Gabon 24, le porte-parole du gouvernement gabonais le Pr Charles Edgar MOMBO, accompagné du ministre de la Communication et des Médias, de la ministre de la Fonction Publique et du Renforcement des Capacités, ainsi que de la ministre des Affaires Sociales et de la Protection de l’Enfant, a animé sa première conférence de presse. L’occasion pour l’exécutif de présenter les priorités et les premières mesures depuis sa formation en janvier 2026. Réformes structurelles, discipline gouvernementale et réponses aux enjeux sociaux, cette intervention visait avant tout à clarifier la méthode et les ambitions d’une gouvernance désormais axée sur les résultats
Le porte-parole a expliqué que, « le Gouvernement a, depuis sa formation, déjà communiqué (…) », mais que cette conférence était nécessaire pour « clarifier et rendre plus transparente l’action publique » envers les Gabonais. Il a insisté sur la rupture avec les pratiques passées et la volonté de rendre chaque action gouvernementale cohérente et mesurable.
Au cœur de cette nouvelle approche se trouve le Programme national de croissance et de développement (PNCD), qui devient le cadre unique de référence pour toute décision ministérielle. « Il n’y a plus de politique ministérielle autonome », a souligné le porte-parole, précisant que la gouvernance repose désormais sur « le pilotage stratégique, la redevabilité et la culture des résultats ». Chaque ministre doit respecter une feuille de route de 100 jours, assortie d’objectifs concrets et mesurables.
La réforme foncière constitue l’une des mesures phares. Le gouvernement a annoncé que « le titre foncier est désormais attribué par décision judiciaire », ce qui garantit sa sécurité juridique et réduit les conflits. Pour simplifier les démarches et limiter la corruption, un guichet unique de la propriété foncière sera mis en place, avec pour objectif la délivrance de 50 000 titres en quatre mois.
Sur le plan économique, plusieurs mesures importantes ont été présentées : plafonnement des salaires dans le secteur parapublic qualifié de « réforme de justice sociale forte », digitalisation des paiements publics et des archives pour plus de transparence, ainsi que l’engagement dans des discussions avec le Fonds monétaire international pour renforcer la crédibilité financière du pays. Par ailleurs, le gouvernement a insisté sur la transformation locale des ressources naturelles, comme le manganèse, et prévoit l’interdiction progressive du poulet importé d’ici 2027, accompagnée du développement de la filière avicole nationale.
Enfin, le volet social a été largement abordé. Reconnaissant les tensions observées en début d’année, le porte-parole a affirmé que « le Gouvernement n’a pas minimisé la tension sociale » et a présenté plusieurs mesures concrètes comme le paiement de 19,7 milliards de francs CFA de bourses, la régularisation des agents publics dans l’éducation et la santé, et l’extension de la couverture sociale aux travailleurs informels. Concernant les sujets sensibles, comme le code de la nationalité ou l’encadrement des réseaux sociaux, le gouvernement a appelé au dialogue et à la réflexion, assurant qu’« il n’y a ni précipitation, ni volonté de forcer le passage », tout en réaffirmant sa volonté de discipline et de cohérence au sein de l’exécutif.