Interpellés en début de semaine dans le cadre de la crise qui secoue le secteur de l’Éducation nationale, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo ont été placés ce mercredi soir sous mandat de dépôt, à l’issue de leur présentation devant le parquet. Les deux responsables syndicaux ont été transférés à la prison centrale de Libreville, selon plusieurs sources judiciaires.
Marcel Libama avait été arrêté lundi 19 janvier à l’aéroport international de Libreville, alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays. Le lendemain, Simon Ndong Edzo, cadre du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), était interpellé à son domicile d’Awoungou. Tous deux avaient été placés en garde à vue à la Direction générale des recherches avant leur présentation au procureur.
L’ancien leader syndical est poursuivi pour entrave à l’accès à un lieu de travail et pressions sur des agents non-grévistes, des faits présumés liés au mouvement SOS Éducation. Concernant Simon Ndong Edzo, les chefs d’accusation n’ont pas été officiellement précisés, mais son rôle actif dans la mobilisation syndicale figure au centre de la procédure, selon des sources proches du dossier.
Cette décision judiciaire a suscité de vives réactions au sein des organisations syndicales, qui dénoncent une judiciarisation du conflit social. Elle intervient alors que la crise de l’Éducation nationale demeure marquée par de fortes tensions, malgré les discussions engagées entre partenaires sociaux et autorités, et pourrait peser sur l’évolution des négociations en cours.