Enseignement Supérieur : Le « Mouvement Intelligentsia »écarte les syndicats et lance une grève générale.

Face à ce qu’ils qualifient d’« échec spectaculaire » des syndicats traditionnels, les enseignants-chercheurs du Gabon sortent du silence. Réunis au sein d’un collectif de crise baptisé « Mouvement Intelligentsia », ils annoncent une grève générale imminente touchant les principaux pôles universitaires du pays (UOB, USTM, USS, IRSH et INSG).

Le constat dressé par le Dr Jean-Mariole Kombila Yebe, porte-parole du mouvement, est sans appel, le système est à bout de souffle. Selon cet enseignant-chercheur à l’UOB, environ 80 % des effectifs subissent un gel de leur situation administrative. Entre l’absence de textes d’intégration, le défaut de titularisation et le non-reclassement des maîtres-assistants après leur réussite au CAMES, la frustration est à son comble. « C’est l’ensemble de la corporation qui vit un mal-être profond », martèle-t-il, pointant du doigt des carrières qui stagnent malgré l’excellence académique.

Au-delà des carrières, c’est l’état de délabrement des infrastructures qui révolte les membres du collectif. Le mouvement dénonce des conditions de travail indignes de l’élite intellectuelle : manque criant de salles de cours, absence de bureaux pour les chercheurs et, plus grave encore, une pénurie de sanitaires fonctionnels. Pour l’Intelligentsia, le temps des discussions stériles est révolu ; le collectif exige désormais une amélioration concrète et immédiate de l’environnement de travail pour garantir la qualité de l’enseignement supérieur.

La stratégie est claire, faire de cette grève un verrou stratégique. Si la date précise n’est pas encore arrêtée, le porte-parole avertit qu’il s’agit d’un avertissement avant une paralysie totale. L’objectif affiché est d’empêcher le lancement du second semestre tant que des solutions définitives ne seront pas apportées, a confié le Dr YEBE. Cette posture radicale marque une rupture nette avec les syndicats classiques, jugés « curieusement muets » et incapables de porter les aspirations réelles de la base.

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La force de ce mouvement réside dans son unité inter-établissements, près de 45 collègues venus de diverses institutions ont scellé un pacte de solidarité. Bien que présenté comme un « collectif temporaire de crise », le Mouvement Intelligentsia n’exclut pas de se pérenniser une fois ses revendications satisfaites. Pour l’heure, la cohésion reste le maître-mot pour tenir tête aux autorités et obtenir, enfin, une régularisation totale des situations administratives et financières.

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