Alain Simplice Boungoueres paie 28 millions de FCFA pour quitter provisoirement la prison

Alain Simplice Boungoueres, ancien conseiller spécial du président de la République, a recouvré la liberté le mardi 13 janvier 2026 dernier après plusieurs semaines passées à la prison centrale de Libreville. Placé sous mandat de dépôt en octobre dernier, l’ex-candidat à l’élection présidentielle d’avril 2025 a bénéficié d’une mise en liberté sous caution, marquant une étape importante, mais non définitive dans une procédure judiciaire encore en cours.

Selon des informations concordantes issues de sources judiciaires, cette liberté conditionnelle aurait été accordée contre le versement d’une caution estimée à 28 millions de francs CFA. Une somme conséquente, qui alimente déjà les débats dans l’opinion publique sur l’égalité des citoyens face à la justice et sur le coût réel de la liberté lorsqu’elle concerne des personnalités issues des cercles du pouvoir. Pour autant, les autorités judiciaires se veulent formelles : cette mesure ne saurait être interprétée comme un abandon des poursuites.

Inculpé pour des faits présumés de corruption passive et de concussion, Alain Simplice Boungoueres avait été écroué le 27 octobre 2025. À l’époque, son placement sous mandat de dépôt avait été présenté comme un signal fort dans la lutte contre les pratiques de prédation économique, notamment au sein des hautes sphères de l’administration. L’ancien conseiller spécial, en charge du département des Travaux publics et des Infrastructures, figure parmi les principaux mis en cause dans une affaire d’extorsion présumée aux ramifications sensibles.

Le dossier porte notamment sur des soupçons de pressions financières exercées sur une entreprise chinoise, présentée comme étant liée par contrat à la présidence de la République. Cette société serait la principale victime dans cette affaire, qui met en lumière les zones d’ombre persistantes dans l’attribution et la gestion de certains marchés publics stratégiques. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations afin d’établir les responsabilités exactes et de déterminer l’ampleur réelle des faits reprochés.

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En attendant l’issue de la procédure, la sortie de prison d’Alain Simplice Boungoueres sous caution ne met donc pas un terme à l’affaire. Elle relance au contraire le débat sur la justice gabonaise face aux dossiers politico-financiers : entre volonté affichée de rompre avec l’impunité et perception d’un traitement différencié selon le statut des mis en cause. Un dossier emblématique, dont l’évolution sera scrutée de près par une opinion publique de plus en plus exigeante sur la reddition des comptes.

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