La rigueur présidentielle face aux dysfonctionnements internes de la Fonction publique

Au lendemain des décisions fermes prises par le président de la République à l’issue de sa visite inopinée au ministère de la Fonction publique, un malaise est venu troubler l’élan de rigueur affiché par les autorités. Plusieurs agents suspendus ont introduit des plaintes, affirmant qu’ils se trouvaient en situation administrative régulière au moment des faits, notamment en congé administratif, autorisation d’absence dûment signée etc. Ces révélations soulèvent un premier problème majeur : comment des agents légalement absents ont-ils pu être assimilés à des cas d’absentéisme injustifié sans vérification préalable des dossiers administratifs individuels ?

La situation actuelle du ministère de la Fonction publique met en lumière de graves interrogations sur le fonctionnement interne de l’administration et, plus précisément, sur la capacité du ministère de la Fonction publique à maîtriser les situations administratives des agents qu’il est censé gérer. Si les registres de congés, d’autorisations, de missions et autres ne sont pas à jour ou ne sont pas consultés avant des décisions aussi lourdes de conséquences, cela révèle une défaillance systémique inquiétante.

Le ministre et ses services disposent-ils réellement d’outils fiables de suivi des ressources humaines ? Ou assiste-t-on à une gestion approximative qui fragilise la crédibilité même des sanctions prises au nom de la discipline et de la rigueur du Chef de l’État ?

Au-delà des responsabilités individuelles, cette affaire interroge plus largement la gouvernance administrative : peut-on restaurer l’autorité de l’État sans une administration elle-même exemplaire et rigoureuse dans ses procédures ? Pour certains observateurs ayant commenté cette actualité, la lutte contre le laxisme est légitime et ne peut se faire au détriment du respect des droits des agents et des règles administratives. « Ceux qui ont renseigné le Chef de l’État devraient lui donner les bonnes informations, au risque de transformer une opération de moralisation en révélateur des dysfonctionnements qu’elle entend corriger », nous confie Théo Ndong.

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Dès lors, des questions essentielles se posent : le ministère gère-t-il de la même manière les dossiers des demandeurs d’emploi ? Si la situation de ses propres agents est mal maîtrisée, qu’en est-il des milliers de citoyens en attente d’un recrutement ou d’une intégration ? Est-il nécessaire de rappeler que l’autorité de l’État ne peut être durable que si elle repose sur une administration juste, organisée et transparente ?

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