Cela fait maintenant 100 jours que Sidi Ould Tah, économiste mauritanien, dirige la Banque africaine de développement (BAD). Depuis sa prise de fonction officielle le 1ᵉʳ septembre 2025 à Abidjan, il a déjà marqué les esprits en réussissant à lever 11 milliards de dollars pour le Fonds africain de développement, soit une augmentation de 23 % par rapport à la précédente session des donateurs. Cette réussite est particulièrement notable dans un contexte où l’aide internationale au développement a fortement diminué. Elle montre la capacité de Sidi Ould Tah à mobiliser les ressources nécessaires pour soutenir la croissance et le développement en Afrique.
Dès ses premiers discours, Sidi Ould Tah a insisté sur la nécessité de « revisiter le plan d’investissement » de la BAD et de « changer de paradigme ». Cela signifie qu’il souhaite adapter les priorités de la banque à un environnement financier mondial en recomposition, tout en tenant compte des défis propres à l’Afrique : dettes élevées, fragilité économique, pauvreté persistante et impacts croissants du changement climatique. Son objectif est de rendre la BAD plus efficace et réactive face aux besoins des pays africains.
La décision de Sidi Ould Tah bénéficie principalement aux pays africains et à leurs populations, en leur donnant accès à des financements pour des infrastructures essentielles, des projets climatiques et de développement durable. Elle profite également à la BAD elle-même, en renforçant ses ressources, sa crédibilité et sa capacité à jouer un rôle central dans le développement économique du continent, tout en impliquant les partenaires financiers internationaux et régionaux.
Le président de la BAD met également un fort accent sur les partenariats. Il a rappelé l’importance des alliances avec d’autres institutions financières, comme l’Agence française de développement (AFD) ou le réseau des banques publiques africaines. Ces collaborations permettent de partager les risques financiers et d’augmenter le volume des investissements dans les projets clés du continent. Sidi Ould Tah envisage même la création d’une nouvelle architecture financière africaine, capable de renforcer l’autonomie financière du continent et d’attirer de nouveaux investisseurs.
Parmi les priorités concrètes de sa présidence, le renforcement des infrastructures face aux effets du changement climatique occupe une place centrale. La BAD prévoit d’investir davantage dans l’énergie renouvelable, l’eau, les transports et l’agriculture. Ces secteurs sont essentiels pour soutenir le développement économique et social des pays africains, tout en protégeant l’environnement. Cette stratégie s’inscrit dans une vision de développement durable, combinant croissance économique et résilience face aux crises climatiques et financières.
En complément, il faut rappeler que Sidi Ould Tah succède au Nigérian Akinwumi Adesina, qui a dirigé la BAD pendant dix ans. L’élection d’un président mauritanien illustre la volonté de la banque de représenter l’ensemble du continent et de diversifier ses perspectives. Avec ses premières initiatives, Sidi Ould Tah semble vouloir combiner vision stratégique, mobilisation de ressources et renforcement des partenariats, pour faire face aux défis financiers, climatiques et sociaux de l’Afrique. Son action des 100 premiers jours laisse présager une présidence dynamique, tournée vers l’innovation et la solidarité continentale.