Performance des candidats gabonais au concours d’agrégation du CAMES 2025

L’échec des candidats gabonais au concours d’agrégation du CAMES SJPEG 2025 ouvre une réflexion nécessaire sur la préparation des enseignants-chercheurs et les réformes attendues au sein de l’Université Omar Bongo.

Le dernier concours d’agrégation du CAMES en Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion (SJPEG) a mis en lumière une défaite sans précédent pour le Gabon. Tous les candidats gabonais ont été éliminés dès l’épreuve des travaux, plaçant le pays à la dernière position parmi les 12 nations participantes. Ce revers marque un tournant majeur pour l’Université Omar Bongo (UOB), dont la réputation académique, autrefois solide dans la sous-région, se trouve aujourd’hui gravement fragilisée. Cet échec collectif soulève des interrogations profondes sur l’état réel du système universitaire gabonais et sur ses capacités à répondre aux exigences académiques contemporaines.

Organisée en novembre 2025 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, cette édition du concours du CAMES s’est déroulée dans un cadre particulièrement exigeant, fondé sur la rigueur scientifique, la qualité des productions intellectuelles et la maturité méthodologique des candidats. Avec un taux de réussite global avoisinant les 40 %, la contre-performance gabonaise ne saurait être assimilée à un simple accident. Elle révèle plutôt un affaiblissement préoccupant de la préparation des enseignants-chercheurs et un déclin de la qualité de la recherche scientifique produite au sein des universités gabonaises.

Face à cette situation, le recteur de l’UOB, le Pr Jean-Jacques Tony Ekomié, a tenu à relativiser l’échec, rappelant qu’il ne s’agissait ni d’un procès ni d’une stigmatisation, mais d’une opportunité de remise en question. Selon les jurys du CAMES, l’élimination des candidats gabonais serait principalement liée à une insuffisance de préparation. Pour y remédier, le recteur a annoncé des mesures visant à renforcer l’encadrement scientifique, notamment l’affiliation systématique des jeunes enseignants-chercheurs aux centres de recherche, l’élaboration d’un plan pluriannuel d’accompagnement et la création d’une ligne budgétaire dédiée à la préparation des concours.

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Cependant, au-delà des explications ponctuelles, cet échec met en évidence des faiblesses structurelles plus profondes au sein du système universitaire gabonais. L’Université Omar Bongo, jadis pionnière en Afrique centrale, peine désormais à satisfaire les standards internationaux en matière de recherche et de formation. La prolifération des titres et des fonctions n’a pas été accompagnée d’un renforcement de l’exigence scientifique, ce qui interroge la qualité de l’encadrement doctoral, la gouvernance académique et la gestion des projets de recherche. La réunion de crise convoquée le 17 décembre 2025 apparaît ainsi comme un moment décisif, dont l’impact dépendra de la capacité de l’institution à engager une réforme profonde et non une simple gestion conjoncturelle de la crise.

Du côté de l’opinion publique, la débâcle gabonaise au concours du CAMES est perçue comme une humiliation collective et un symptôme alarmant du délitement du système éducatif national. De nombreux citoyens dénoncent un manque de niveau, l’absence de rigueur scientifique, ainsi que des pratiques malsaines telles que le copinage, l’opportunisme et la recherche de prestige personnel. Ils établissent un lien direct entre l’échec des enseignants-chercheurs et les insuffisances observées chez les étudiants, nourrissant un cercle vicieux de médiocrité. Pour beaucoup, cet échec constitue un signal d’alarme appelant à une réforme urgente, recentrée sur l’excellence académique, l’intégrité morale et la compétitivité scientifique du Gabon sur la scène internationale.

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