La fermeture temporaire de l’axe CKDO – Carrefour GP, décidée par la de Libreville pour une durée de 48 heures, se présente comme une mesure technique visant à améliorer la fluidité et la sécurité de la circulation. Si l’objectif est officiellement salué, cette décision intervient dans un contexte urbain déjà fortement dégradé, où les populations de Nzeng-Ayong peinent à comprendre la logique de priorisation des travaux publics.
Dans le 6ᵉ arrondissement, la circulation est un défi quotidien. Routes dégradées, nids-de-poule, déviations improvisées et chantiers inachevés rythment les déplacements des habitants. Toute fermeture, même temporaire, accentue une saturation déjà chronique du trafic.
« On ne conteste pas les travaux, au contraire. Mais on ne peut pas continuer à ouvrir de nouveaux chantiers alors que ceux qui existent sont laissés à l’abandon », explique un conducteur de taxi exerçant à Nzeng-Ayong depuis plus de dix ans. Selon lui, chaque fermeture d’axe « se transforme en parcours du combattant pour les usagers ».
La principale source de colère reste l’état de l’axe Mairie – Rond-point de Nzeng-Ayong, notamment le chantier de remplacement de la buse reliant la Pharmacie au rond-point, arrêté depuis plusieurs mois. Pour les riverains, ce chantier inachevé est devenu le symbole d’une gestion approximative des infrastructures locales.
La fermeture de certains axes stratégiques, notamment autour du rond-point de Nzeng-Ayong, entraîne des embouteillages jugés « extrêmement lourds » par les usagers. Entrer ou sortir du quartier peut prendre plusieurs dizaines de minutes, parfois plus d’une heure aux heures de pointe.
« La fermeture de l’axe au niveau du rond-point crée de très grosses difficultés. Les embouteillages sont interminables, aussi bien pour entrer que pour sortir. Nos temps de déplacement explosent », témoigne un usager régulier. Il poursuit : « Cela affecte nos activités quotidiennes, nos rendez-vous professionnels et même les urgences. Il arrive qu’une ambulance ou un véhicule en situation critique soit bloqué. Ce n’est pas normal. »
Face à cette situation, les habitants ne se limitent pas à la critique. Ils formulent des demandes précises : l’achèvement rapide des chantiers en souffrance, la mise en place d’aménagements provisoires pour fluidifier la circulation et une meilleure communication de la part des autorités locales. « Même un aménagement temporaire serait déjà un soulagement. On a besoin de voir des solutions, pas seulement des communiqués », insiste un riverain.
Pour beaucoup, le silence ou l’absence de calendrier clair renforce le sentiment d’abandon. « Ce que nous voulons, c’est savoir quand les travaux vont reprendre et quand ils vont finir. La population mérite des réponses », ajoute un autre habitant.
Au-delà des désagréments quotidiens, la situation de Nzeng-Ayong pose la question de la gouvernance urbaine. Dans un arrondissement qui concentre des dizaines de milliers d’habitants, la gestion des infrastructures routières est un enjeu majeur de stabilité sociale, de mobilité et de développement économique.
Les travaux sur l’axe CKDO – Carrefour GP, bien que nécessaires, mettent en lumière un problème plus large : l’absence de cohérence et de continuité dans la conduite des projets d’aménagement. Pour les populations, la confiance envers les autorités locales passe désormais par des actes concrets.
À Nzeng-Ayong, la population ne rejette pas les travaux. Elle réclame leur achèvement. Dans un environnement urbain déjà sous pression, la priorité n’est plus d’annoncer de nouvelles interventions, mais de terminer celles qui paralysent le quotidien des habitants depuis des mois. Achever les chantiers en souffrance, améliorer la circulation et restaurer la confiance citoyenne : telles sont les attentes claires exprimées par les populations du 6ᵉ arrondissement.