Freddy Koula Moussavou : la soutenance de thèse menacée par un blocage administratif et visa « retour »

À cinq jours de sa soutenance à l’Université Grenoble Alpes, le doctorant gabonais Freddy Koula Moussavou se retrouve dans l’incertitude, son visa « retour » toujours en attente. Ce blocage met en lumière les difficultés auxquelles font face les étudiants étrangers confrontés aux lenteurs administratives et au durcissement des politiques migratoires.

Freddy Koula Moussavou, doctorant en sciences de l’information et de la communication au GRESEC, a consacré plusieurs années à l’élaboration d’une thèse originale sur « Les enjeux économiques, sociaux et culturels liés au développement du football à la télévision : le cas de Canal+ au Gabon ». Son travail, reconnu pour sa rigueur scientifique et sa pertinence empirique, devait être défendu le 15 décembre 2025 sur le campus d’Échirolles, devant un jury déjà constitué. Pourtant, à moins d’une semaine de cette échéance cruciale, le chercheur ne sait toujours pas s’il pourra se rendre en France.

Le cœur du problème réside dans l’obtention d’un visa « retour ». Après l’expiration de son titre de séjour français en janvier dernier et son installation durable au Gabon avec sa famille, Freddy Koula Moussavou a entrepris les démarches pour revenir exceptionnellement en France afin de soutenir sa thèse. Sa première demande de visa court séjour a été refusée, et les autorités consulaires l’ont orienté vers une demande spécifique de visa « retour », recommandé par les services français de l’ambassade de France à Libreville. Cette procédure implique que le Consulat ne peut délivrer le visa qu’après réception d’un avis favorable de la Préfecture de l’Isère, compétente pour valider la régularité administrative du séjour et confirmer l’inscription universitaire. Or, selon le site officiel de la Préfecture, le traitement de ce type de demande peut durer au minimum deux mois. Malgré plusieurs relances répétées, et un dossier complet comprenant la preuve de son inscription, l’avis de soutenance, ainsi que tous les justificatifs requis, aucune réponse n’a été reçue à cinq jours de la soutenance. Cette situation bloque l’accès du doctorant à la France et met en péril plusieurs années de travail scientifique et de sacrifices personnels.

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Cette situation soulève des interrogations plus larges sur l’accès des étudiants étrangers aux universités européennes. Elle illustre le risque que des démarches administratives, pourtant respectées à la lettre, compromettent l’aboutissement d’un parcours académique long et exigeant. Freddy Koula Moussavou s’interroge publiquement : ce retard est-il un simple effet de la lenteur bureaucratique ou traduit-il, de manière subtile, un durcissement des politiques migratoires envers les étudiants africains ? Ces questions prennent un relief particulier alors que la coopération universitaire et scientifique entre la France et le Gabon est régulièrement mise en avant.

Face à cette impasse, le doctorant lance un appel à toutes les autorités compétentes : Préfecture de l’Isère, Consulat et Ambassade de France, ainsi qu’aux institutions gabonaises, pour qu’une solution urgente soit trouvée. Il ne réclame ni faveur ni passe-droit, mais simplement le droit fondamental de soutenir son travail devant un jury et de valider une thèse dont les années de recherche et de sacrifices personnels ont été investies.

À cinq jours de l’échéance, cette situation met en lumière la fragilité des parcours académiques face aux lenteurs administratives et pose un enjeu plus large : comment concilier sécurité migratoire et facilitation de l’accès aux études supérieures pour les chercheurs étrangers ? Au-delà d’un simple dossier de visa, c’est la reconnaissance du droit académique et le respect des efforts intellectuels qui sont ici en jeu.

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