L’annonce par Donald Trump, dès le 20 janvier de son second mandat, de supprimer l’USAID et de retirer les États-Unis du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme représente l’une des ruptures les plus brutales de l’aide internationale contemporaine. Cette décision, dont les effets se manifestent déjà, frappe de plein fouet les régions les plus vulnérables du globe.
Dans le nord-est de plusieurs pays africains, la disparition des financements américains entraîne un affaiblissement rapide des services essentiels : distribution alimentaire, soutien aux centres de santé ruraux, lutte contre la malnutrition, vaccination ou encore accès à l’eau potable. Pour des millions de personnes, l’USAID constituait une bouée de sauvetage. Sans elle, la précarité chronique risque de se transformer en véritable catastrophe humanitaire.
Le retrait du Fonds mondial accentue encore les tensions. Principal contributeur de l’organisme, Washington finançait près d’un tiers de ses ressources. Les premières conséquences sont visibles : cliniques contraintes de réduire leurs activités, campagnes de prévention suspendues, ruptures annoncées de traitements antirétroviraux ou d’antituberculeux. Dans plusieurs ministères africains de la santé, l’inquiétude est palpable face à des pénuries désormais inévitables.
Les coupes budgétaires touchent également l’aide aux réfugiés. Le Bureau américain pour les réfugiés finançait abris, éducation, programmes contre les violences sexuelles et assistance aux déplacés. Dans de nombreux camps d’Afrique de l’Est, du Moyen-Orient ou d’Asie, les organisations humanitaires redoutent une hausse des déplacements, faute de moyens pour protéger des populations déjà fragilisées.
À l’heure où le monde commémore la Journée mondiale de lutte contre le VIH, cette rupture agit comme un avertissement. Les avancées obtenues depuis vingt ans – recul des décès, généralisation des traitements, prévention materno-infantile – reposaient sur la coopération internationale que portaient l’USAID et le Fonds mondial. Leur affaiblissement ouvre la voie à un dangereux retour en arrière. Face à ce vide, la communauté internationale doit choisir : laisser les inégalités sanitaires s’aggraver ou reconstruire un effort collectif capable de sécuriser les acquis et protéger les plus vulnérables.