Après plusieurs mois d’enquête minutieuse et de filature, la Police judiciaire gabonaise a mis fin aux activités d’un redoutable gang qui terrorisait Libreville et ses environs depuis plus d’un an. Ce réseau, véritable mosaïque criminelle composée de ressortissants gabonais, burkinabè, équato-guinéens, congolais, nigérians, maliens et camerounais, est soupçonné d’avoir orchestré une série de braquages à main armée d’une audace rare. Les enquêteurs parlent d’un groupe structuré, organisé et particulièrement méthodique.
Leur mode opératoire était aussi précis qu’effrayant. En plein jour, les malfrats ciblaient principalement les opérateurs économiques, commerçants et gérants de dépôts. À Nkok, un entrepreneur s’est vu dépouillé de 21 millions de francs CFA. À Libreville, un dépôt de boissons appartenant à un ressortissant nigérian a été vidé de 30 millions, tandis qu’un commerçant malien perdait 22 millions dans une attaque violente. Dans certains cas, les victimes étaient suivies, leurs mouvements minutieusement observés avant le passage à l’acte.
Les investigations ont permis de révéler l’extraordinaire coordination du groupe. Véhicules de location, plaques d’immatriculation falsifiées, complicité interne dans certains établissements privés : rien n’était laissé au hasard. Un des suspects utilisait même le véhicule d’un lycée où il travaillait, dissimulant ses allées et venues sous couvert d’activités professionnelles. Le gang disposait également de guetteurs, postés dans des zones stratégiques pour surveiller les déplacements des cibles et signaler la présence policière.
C’est l’attaque d’un commerce à Bambouchine, particulièrement violente, qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs. De fil en aiguille, les recoupements et surveillances ont conduit à l’interpellation simultanée des huit membres présumés du gang dans différents quartiers de la capitale. L’un d’eux, dans une ultime tentative de fuite, a tenté de foncer sur les agents à bord de son véhicule. La riposte des policiers a été immédiate : blessé à la cuisse, il a été neutralisé puis conduit sous bonne garde à l’hôpital avant son audition.
Pour la PJ, cette opération marque une victoire majeure dans la lutte contre la criminalité urbaine. Elle met fin à une série noire qui avait profondément inquiété les opérateurs économiques et commerçants de Libreville. Les huit suspects, déjà connus des services de police pour des faits similaires, seront prochainement présentés au parquet de Libreville. Leur arrestation envoie un signal clair : la capitale entend reprendre le contrôle de sa sécurité, et les gangs organisés savent désormais qu’ils n’ont plus de terrain sûr au Gabon.