Donald Trump, un président en guerre contre l’Amérique qu’il dirige

Depuis sa réélection le 5 novembre 2024, Donald Trump a fait de la division nationale le cœur de sa stratégie politique. Tandis qu’il se vante d’apaiser les tensions à l’étranger, il souffle sur les braises d’une guerre civile à l’intérieur. Son message est clair : seuls les partisans du mouvement MAGA Make America Great Again seraient les « vrais Américains ». Tous les autres, démocrates compris, formeraient un « ennemi intérieur ». Dans ses discours, le président n’hésite plus à parler de « haine », affichant un mépris assumé pour la moitié du pays qui ne le soutient pas.

Depuis un an, Trump gouverne par la peur et la confrontation. Sa dernière arme politique : une milice masquée issue de l’agence fédérale de l’immigration, l’ICE. Ces unités lourdement armées, déployées dans plusieurs grandes villes démocrates, traquent les migrants sans papiers jusque devant les écoles ou les hôpitaux. Face aux protestations, Trump répond par la force : il envoie la garde nationale et, parfois, l’armée. Peu importe que la loi exige l’accord des gouverneurs : le président passe outre. Selon lui, il s’agit de combattre une « invasion intérieure ».

Le 1er octobre, devant la hiérarchie militaire réunie au Pentagone, Donald Trump a exposé sa vision : transformer certaines villes « dangereuses » comme Chicago ou Los Angeles en terrains d’entraînement pour l’armée. « C’est une guerre », a-t-il martelé. Une déclaration inquiétante, à la frontière entre la provocation et le programme politique. Plusieurs observateurs craignent qu’il n’invoque la loi sur l’insurrection un texte de 1807 qui permet au président de suspendre l’État de droit et de placer des territoires sous contrôle militaire. Or, les élections de mi-mandat approchent : un contexte propice à un usage autoritaire du pouvoir.

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En parallèle, Trump consolide son emprise sur les institutions. Il a placé ses fidèles à la tête du ministère de la justice et du FBI, deux piliers censés rester indépendants. Pam Bondi et Kash Patel, ses nouveaux alliés, s’en prennent à tous ceux qui ont participé aux enquêtes ou aux procès visant l’ancien président. Magistrats, fonctionnaires et policiers sont poursuivis, écartés ou ruinés. Steve Bannon, l’idéologue du mouvement MAGA, a résumé la stratégie dans The Economist : « Prendre le contrôle des institutions pour les purger. »

À la tête des États-Unis pour un second mandat, Donald Trump n’a pas tourné la page. Il se sert désormais de la présidence comme d’un instrument de revanche. Sa guerre n’est pas seulement politique : elle est personnelle. Pour lui, les démocrates ne sont pas des adversaires, mais des ennemis à abattre. Il le dit sans détour : « Ils me haïssent, je les hais. » À mesure que ses discours attisent la colère et la peur, l’Amérique s’enfonce un peu plus dans une fracture que son président semble vouloir rendre irréversible.

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