Chaque année, le mois d’octobre se pare de rose pour sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein. Au Gabon, entreprises, écoles et institutions rivalisent d’initiatives, décorations, conférences, marches sportives ou tenues roses. Mais derrière cette effervescence colorée, une réalité plus sombre persiste , celle des malades qui n’ont pas les moyens de se soigner.
Le coût du traitement du cancer du sein demeure inaccessible pour une grande majorité de patientes. Les médicaments, les séances de chimiothérapie et les examens médicaux représentent des montants souvent exorbitants.
Le cas tragique d’Agathe Ntoutoume, décédée le 28 octobre de cette année, illustre cette triste réalité. Diagnostiquée d’un cancer du sein, elle n’a pas pu suivre son traitement jusqu’au bout, faute de ressources financières suffisantes. Ses ordonnances atteignaient parfois 700 000 FCFA, une somme insurmontable pour une femme sans couverture médicale adaptée. Son histoire est celle de nombreuses Gabonaises pour qui la lutte contre le cancer se transforme en combat contre la pauvreté et l’abandon.
Octobre Rose ne doit donc pas s’arrêter à la détection, il doit aussi défendre le droit à des soins accessibles et à une prise en charge digne pour tous. Au-delà du diagnostic précoce, se pose une question cruciale. Que deviennent celles et ceux qui, une fois la maladie détectée, n’ont pas les moyens de se soigner correctement ? La prévention sauve des vies, certes, mais l’accès au traitement prolonge des vies.
On repeint les villes en rose, on imprime des t-shirts, on organise des fêtes et des défilés. Mais à quoi tout cela sert-il, si les malades, eux, continuent de mourir faute de soins ?
Au lieu de gaspiller des millions dans des décorations éphémères, utilisons cet argent pour sauver des vies.
Aidons celles et ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter leurs traitements. Soutenons les familles qui se battent chaque jour contre la maladie. Le vrai combat contre le cancer ne se mène pas sur les podiums, mais dans les hôpitaux, les pharmacies et les foyers.
Si la sensibilisation est nécessaire, elle ne suffit plus. Les associations et les citoyens appellent à des actions concrètes tel qu’un meilleur accès aux soins, un fonds d’aide pour les malades et un accompagnement médical et psychologique.