Crise financière à la Poste SA : une dette de 4,76 milliards de FCFA plonge l’entreprise dans la tourmente

L’entreprise publique, jadis pilier du service postal gabonais, traverse une crise financière d’une ampleur inquiétante. Réunis le mardi 21 octobre au cabinet du ministre de la Communication et des Médias, Paul Marie Gondjout les responsables de la Poste ont dressé un tableau pour le moins alarmant de la situation économique et opérationnelle de la société.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les encaissements cumulés de la Poste SA atteignent 376,8 millions de FCFA, pour des décaissements évalués à 3,57 milliards de FCFA. Le solde disponible, à peine 166 millions de FCFA, ne permet plus d’assurer la stabilité de l’entreprise. Surtout, la dette globale, estimée à 4,76 milliards de FCFA, pèse lourdement sur ses épaules et menace sa survie à court terme.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel inquiétant. Près de 69 % des dépenses sont absorbées par la masse salariale, réduisant considérablement les marges de manœuvre pour investir ou restructurer. L’imprimerie de l’entreprise est à l’arrêt, le Data Center ne compte qu’un seul client, et plusieurs biens immobiliers demeurent introuvables ou mal répertoriés.

Face à ce constat, le ministre de la Communication et des Médias a haussé le ton. Il a exigé un audit complet de la Poste SA, une transparence totale sur les comptes, et surtout des propositions concrètes pour réduire les charges et relancer les activités. Le membre du gouvernement a également insisté sur la nécessité de préserver un climat social apaisé, condition indispensable à toute tentative de redressement.

Malgré la gravité de la situation, des solutions sont à l’étude. Parmi les options envisagées il y a la réduction encadrée de la masse salariale pour alléger les charges de fonctionnement ; le recouvrement des créances avec le soutien de l’État ; la valorisation du Data Center et de la licence Internet pour générer de nouveaux revenus ; la réhabilitation de l’imprimerie afin de relancer la production locale ; et enfin, un inventaire complet du patrimoine immobilier pour mieux valoriser les actifs existants.

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La Poste SA, symbole historique du service public, se trouve aujourd’hui au bord de l’asphyxie financière. Son redressement dépendra de la capacité de ses dirigeants à engager sans délai des réformes structurelles, mais aussi du soutien de l’État pour apurer les dettes et restaurer la confiance. Car au-delà des chiffres, c’est tout un pan du service public gabonais qui joue ici sa crédibilité.

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