Depuis plusieurs jours, un vent de colère souffle sur le secteur du transport urbain à Libreville. Les chauffeurs de Taxi Gab, bénéficiaires du projet gouvernemental lancé pour moderniser le transport urbain, dénoncent des contrôles intempestifs et parfois abusifs menés par certains agents des forces de l’ordre.
Face à cette situation jugée intenable, une réunion spontanée s’est tenue ce jeudi 17 octobre au stade d’Angondjé. Les chauffeurs du projet Taxi Gab y ont exprimé leur ras-le-bol face à ce qu’ils considèrent comme des dérives policières. À l’issue de cette rencontre, les participants ont décidé de se rendre massivement à l’immeuble Arambo, siège du ministère des Transports, pour faire entendre leurs revendications.
Sur place, les agents du ministère, surpris par cette mobilisation pacifique, ont écouté les doléances des chauffeurs. Ces derniers ont dénoncé notamment le non-respect des conditions spécifiques du projet Taxi Gab : la possibilité pour les conducteurs de travailler avec un permis de catégorie B et sans certificat médical, comme cela avait été convenu au lancement du programme.
Autre point de tension, l’obligation d’achat d’une carte d’extincteur, qui, selon les conducteurs, devrait être prise en charge par la direction générale de Taxi Gab. « Nous ne refusons pas les contrôles, mais nous demandons juste qu’ils se fassent dans le respect des dispositions propres à notre projet », a déclaré un chauffeur visiblement excédé.
Lors de la dernière rencontre avec le directeur général de Taxi Gab, il avait pourtant été convenu qu’un courrier explicatif soit adressé aux co-chefs de la Police et de la Gendarmerie nationale. Ce document devait rappeler les conditions particulières du projet et préciser que, lors des contrôles, les conducteurs doivent simplement présenter le contrat d’acquisition du véhicule et leur permis de conduire, en plus des documents habituels.
En attendant la mise en œuvre effective de ces mesures, les chauffeurs de Taxi Gab promettent de maintenir la pression. Beaucoup espèrent une réponse rapide du ministère afin d’éviter que le malaise ne se transforme en un mouvement social d’ampleur nationale.