Polémique post-électorale : Raymond Ndong Sima répond aux accusations de Séraphin Moundounga et promet « une casse » verbale

La tension politique née au lendemain des élections législatives et locales du 27 septembre 2025 dernier connaît un nouvel épisode. Le Vice-Président de la République, Séraphin Moundounga, a publiquement mis en cause l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, l’accusant d’« incitation à la violence, à la haine ou à la révolte » dans un contexte électoral déjà tendu. Des propos tenus dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, où le haut responsable déplore l’attitude d’un acteur politique dont le parti « n’a présenté des candidats que dans une seule province ».

Réagissant avec fermeté, mais retenue, Raymond Ndong Sima a apporté une première réponse à travers un court message publié sur sa page officielle. « Je viens d’écouter l’audio du Vice-Président de la République, monsieur Moundounga Séraphin. Il me met gravement en cause au sujet des incidents survenus à l’occasion des scrutins du 27 septembre », écrit-il. L’ancien chef du gouvernement et président d’un parti d’opposition, a annoncé qu’il s’exprimera plus longuement lors d’un point de presse dès son retour à Libreville, afin de clarifier les faits et de rétablir, selon lui, la vérité.

Cette controverse intervient dans un climat politique déjà marqué par la contestation de plusieurs résultats électoraux. Dans plusieurs circonscriptions, des candidats et observateurs dénoncent des « incohérences arithmétiques » et des « manipulations de procès-verbaux », tandis que le gouvernement appelle à la sérénité et au respect des institutions. L’intervention du Vice-Président, qui pointe du doigt une supposée responsabilité morale de Raymond Ndong Sima dans certaines tensions locales, vient accentuer un débat sensible sur la responsabilité des acteurs politiques dans le maintien de la paix sociale.

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Connu pour son franc-parler, Raymond Ndong Sima a souvent alerté sur les dérives du système électoral gabonais, appelant à plus de transparence et de crédibilité dans l’organisation des scrutins. Ses partisans estiment que ces accusations sont infondées et visent à détourner l’attention des véritables dysfonctionnements observés lors du vote. Pour eux, l’ancien Premier ministre ne fait que relayer le sentiment d’injustice exprimé par une partie de la population.

En attendant sa conférence de presse annoncée, la sortie prochaine de Raymond Ndong Sima est très attendue. Elle devrait permettre de préciser sa position, d’apporter des éléments concrets et, peut-être, de désamorcer une polémique qui risque d’envenimer davantage le climat politique post-électoral. Dans un contexte de transition où l’unité nationale est présentée comme une priorité, ce nouvel échange entre hauts responsables semble trahir une forte fragilité et une guerre de clans autour du Président Oligui Nguema entouré des barons du système Bongo-PDG.

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