Législatives 2025 : l’alliance UDB–PDG trouble le jeu électoral

À l’approche des législatives, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) et le Parti démocratique gabonais (PDG) multiplient des alliances locales. Officiellement destinées à renforcer leurs chances de victoire, ces manœuvres soulèvent pourtant de vives interrogations dans l’opinion.

Depuis le lancement de la campagne, l’UDB, formation politique portée par le président de la République, et le PDG, longtemps dominant sur la scène nationale, apparaissent main dans la main dans plusieurs circonscriptions. Des candidatures communes et des accords de non-concurrence ont été scellés, souvent dans des bastions stratégiques. À la Sébé-Brikolo, par exemple, la ministre de la Défense Brigitte Onkanowa porte une candidature estampillée UDB–PDG.

À Lambaréné ou encore à Franceville, les deux partis ont également choisi d’unir leurs forces. Objectif : maximiser les chances de victoire et préserver des positions clés. Pourtant, l’alliance n’est pas uniforme. Dans certaines zones, notamment dans le Haut-Ogooué, les deux formations continuent de s’affronter directement. Un double discours qui entretient l’idée d’une stratégie purement opportuniste.

Une opinion publique désorientée

Dans les quartiers populaires comme sur les réseaux sociaux, les électeurs expriment leur désarroi. « On ne sait plus qui représente qui », souffle une habitante de Lambaréné. « On nous parle de compétition, mais les partis se mettent d’accord entre eux. Où est le choix des citoyens ? ». Cette incompréhension vire parfois à la colère. Pour certains, ces accords traduisent des arrangements d’appareils, éloignés des préoccupations réelles des populations. Le désistement par le PDG de certains recours contre des candidatures UDB, perçu comme une entente tacite, n’a fait qu’alimenter le scepticisme.

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Entre pragmatisme et soupçon d’arrangements

Les partisans de cette stratégie y voient une logique de terrain qui est, d’éviter la dispersion des voix, barrer la route aux opposants et garantir une majorité solide à l’Assemblée nationale. Mais sur le plan démocratique, l’effet inverse guette. Une défiance croissante, une abstention accentuée et une impression de verrouillage politique. L’enjeu est clair, si cette alliance électorale devait assurer à l’UDB et au PDG un poids décisif au Parlement, elle risque aussi de laisser une trace durable dans l’opinion, nourrissant l’idée que la politique se joue davantage dans les coulisses que dans les urnes.

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