Chômage au Gabon : entre héritage lourd et promesses de changement

Le chômage reste l’un des défis majeurs auxquels le Gabon doit faire face. En dépit des réformes initiées depuis l’avènement de la Ve République, les indicateurs peinent à traduire une amélioration visible sur le terrain. Les chiffres de la Banque mondiale, qui font état d’un taux de chômage oscillant entre 35 et 40 % et d’une dette publique supérieure à 70 % du PIB, rappellent l’ampleur de l’héritage socio-économique laissé aux nouvelles autorités.

Dans une interview accordée au quotidien L’Union, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a tenu à apporter des clarifications. Pour lui, les statistiques relayées par l’institution internationale « reflètent un héritage douloureux » mais ne correspondent plus à la réalité actuelle. « Ce sont d’anciens chiffres que détient la Banque mondiale. Le Gabon est à jour vis-à-vis de ses obligations. La dette est régulièrement payée, et l’institution doit revoir son taux de notation », a affirmé le chef de l’État.

S’il reconnaît la gravité du problème du chômage, notamment chez les jeunes, le président garde une posture de confiance. « La lutte contre la pauvreté est au cœur de notre action », insiste-t-il, rappelant que plusieurs réformes structurelles ont été engagées pour diversifier l’économie, soutenir l’entrepreneuriat et stimuler la création d’emplois.

Sur le terrain, la perception est plus nuancée. Dans les quartiers populaires de Libreville ou de Port-Gentil, beaucoup de jeunes diplômés restent en quête d’un premier emploi. Le contraste entre les annonces officielles et la réalité quotidienne entretient un climat de scepticisme.

Entre héritage socio-économique lourd et volonté affichée de redressement, la question de l’emploi demeure un test crucial pour la légitimité et l’efficacité de la Ve République. Reste à savoir si la confiance affichée par le président saura, dans les prochains mois, se traduire par une amélioration tangible dans la vie des Gabonais.

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