Dans la perspective des élections législatives de 2025, la faction du Parti Démocratique Gabonais dirigée par Blaise Louembé semble vouloir jouer la carte de la continuité plutôt que celle du renouveau. Dans la province de l’Ogooué-Lolo, bastion historique du PDG, les candidatures alignées sont en grande majorité issues du cercle restreint de l’ancien régime Bongo Ondimba, tombé en 2023. Loin de faire table rase du passé, le PDG-Louembé mise sur des figures connues, parfois décriées, pour reconquérir des sièges stratégiques, au prix d’une stratégie électorale qui interroge sur sa capacité à se réinventer.
À Koula-Moutou, la capitale provinciale, le choix des binômes candidats reflète une volonté assumée de s’appuyer sur des profils chevronnés et bien implantés dans les circuits politiques locaux. Des noms comme Pacôme Moubelet Boubeya, ancien ministre du régime déchu, ou encore Ivogoma Pierre Claver, resurgissent dans les listes électorales comme autant de rappels du passé politique du pays. Le retour de ces “anciens du sérail” traduit une stratégie assumée de reconquête, fondée davantage sur la notoriété que sur la nouveauté.
Cette logique se confirme au niveau communal et départemental. À Mulundu, comme dans les arrondissements de Koula-Moutou, le casting reste fidèle à une génération politique souvent accusée d’avoir failli au changement. Le quadrillage électoral, presque mécanique, semble davantage dicté par la volonté de conserver l’influence d’un appareil idéologique affaibli que par le désir de répondre aux aspirations d’une population en quête de transformation et de justice politique. Blaise Louembé lui-même incarne cette tension entre loyauté à l’ancien système et besoin d’adaptation au nouveau contexte.
Pour de nombreux observateurs, cette reconduction massive d’anciens cadres pourrait s’apparenter à une stratégie de repli plus qu’à un véritable projet politique. À défaut d’un renouvellement programmatique ou générationnel, le PDG version Louembé semble parier sur l’efficacité résiduelle de ses réseaux clientélistes, encore vivaces dans certaines zones rurales. Mais cette posture pourrait se heurter à un électorat lassé des mêmes visages et des mêmes promesses non tenues, surtout dans un contexte post-transition où l’appel au changement reste fort.
Si le PDG cherche à maintenir son emprise sur l’Ogooué-Lolo par la force de ses reliques politiques, il prend aussi le risque d’apparaître comme une formation incapable de se réinventer. Dans une province emblématique de son histoire, le parti pourrait bien tester sa résilience… ou précipiter sa marginalisation s’il ne parvient pas à convaincre au-delà de ses fidèles historiques.