Affaire Bilie-By-Nzé et la Cour des comptes : Ensemble Pour le Gabon dénonce une dérive institutionnelle

La tension monte entre la Cour des comptes et le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), qui s’alarme d’une possible dérive juridico-politique dans le traitement réservé à son président, Alain-Claude Bilie-By-Nzé. Dans un communiqué diffusé samedi, la formation politique monte au créneau pour dénoncer une sommation jugée abusive à l’encontre de son leader, ancien candidat à la présidentielle d’avril 2025. L’EPG évoque une « instrumentalisation des institutions » et un « glissement dangereux » des principes constitutionnels.

Le différend porte sur le contrôle des dépenses électorales du président de l’EPG, visé par une convocation de la Cour des comptes. Pour le parti, cette démarche représente une extension arbitraire des compétences de l’institution, au mépris du texte constitutionnel. « Le contrôle des finances publiques ne peut servir de prétexte à une incursion dans la sphère privée des dépenses électorales », soutient le parti. En contestant la compétence de la Cour, Bilie-By-Nzé aurait, selon ses soutiens, agi dans le strict respect du droit, en déposant une exception d’inconstitutionnalité.

L’affaire prend une tournure politique d’autant plus sensible qu’elle survient dans un contexte de recomposition institutionnelle, marqué par un discours dominant de transparence et de moralisation de la vie publique. Si l’EPG dit souscrire à ces principes, il met en garde contre toute forme de sélectivité ou d’arbitraire. Il estime que le contrôle des campagnes électorales, pour être légitime, doit relever d’un organe indépendant expressément désigné par la loi, conformément aux pratiques en vigueur dans les démocraties modernes.

Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ancien Premier ministre sous le régime Bongo, devenu aujourd’hui figure de l’opposition structurée, voit dans cette convocation une tentative de décrédibilisation politique. Pour ses partisans, il ne s’agit pas d’un refus de collaborer avec la justice, mais d’une volonté de réaffirmer la primauté du droit. En choisissant la voie procédurale, l’EPG entend se démarquer des logiques de confrontation directe, préférant rappeler que dans un État de droit, le respect de la hiérarchie des normes doit s’imposer à tous.

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À travers cette prise de position, l’EPG cherche aussi à envoyer un signal clair : son engagement démocratique reste intact. En défendant son président, le parti se pose en défenseur vigilant des principes républicains, dans un paysage politique gabonais encore en quête de stabilité institutionnelle. Si le bras de fer se poursuit, il pourrait bien faire jurisprudence sur les limites du contrôle juridictionnel dans le cadre électoral gabonais.

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