L’interdiction récente de la vente ambulante de café à Libreville, justifiée par des raisons d’hygiène et de santé publique, continue de faire réagir les populations. Cette mesure, perçue par de nombreux citoyens comme une attaque directe contre l’économie informelle et les petits gagne-pain du quotidien, suscite une vague d’interrogations. Si l’objectif sanitaire est affiché, la méthode, elle, alimente le malaise.
Dans la rue, une question revient avec insistance : le gouvernement, à travers la mairie, osera-t-il aller plus loin ? Les vendeurs de « coupé-coupés » ou de « nikes »(viandes grillées) sont également exposés à des conditions de vente informelles, souvent sans encadrement sanitaire. Va-t-on interdire aussi ces produits traditionnels, pourtant ancrés dans la culture culinaire urbaine, au nom de la santé publique ?
La tentation d’une régulation totale de la rue pose un dilemme : comment garantir l’hygiène sans aggraver la précarité sociale ? Alors que le pays traverse une période où l’emploi informel représente une soupape vitale pour des milliers de Gabonais, la logique d’interdiction pure et simple semble difficilement soutenable. Pour Gatien Ndong, « si la santé publique est une priorité, elle doit s’accompagner d’un véritable dialogue social et de solutions alternatives pour les travailleurs de l’économie de survie. »