Il y a quelques mois à peine, les travailleurs du secteur informel, notamment les vendeurs de café ambulants, défilaient aux côtés des salariés à l’occasion de la fête du 1ᵉʳ mai 2025 dernier. Ce moment symbolique, censé mettre à l’honneur l’ensemble des forces productives du pays, avait permis de mettre en lumière la précarité et l’exclusion dont souffrent ces acteurs essentiels de l’économie de proximité. Leur présence au défilé traduisait à la fois une volonté de reconnaissance et un appel à l’intégration dans les politiques publiques locales, particulièrement en matière de régulation de l’activité économique informelle.
Or, la récente décision de la Commune de Libreville d’interdire la vente ambulante de café, en application des dispositions relatives à l’hygiène et à la salubrité publique, illustre un profond décalage entre le discours officiel et la réalité des pratiques administratives. Si la réglementation sanitaire est un impératif légitime, l’absence de concertation, d’alternatives concrètes ou de mécanismes de transition pour les concernés laisse place à une logique d’exclusion sociale.
Comme l’indique le communiqué lu au journal de 20h, « interpeller et saisir » les moyens de subsistance de ceux que l’on célébrait il y a peu revient à effacer leur existence économique sans leur offrir d’autres perspectives.