Une enquête relayée par Radio France Internationale (RFI) met en lumière de graves soupçons de détournement de fonds publics impliquant l’ancien président gabonais, Ali Bongo Ondimba. Entre 2013 et 2023, ce dernier aurait reçu sur son compte personnel la somme astronomique de 266 milliards de francs CFA via des virements jugés irréguliers.
Selon les éléments fournis par le parquet, ces fonds d’origine douteuse auraient servi à financer l’acquisition de biens immobiliers de luxe : villas et appartements, parfois à l’étranger, parfois à travers des sociétés écrans. Une partie de ces sommes proviendrait de rétrocommissions issues de contrats d’équipements militaires. Pour les enquêteurs, il s’agirait d’un système bien huilé, ancré dans le mode de gouvernance de l’ancien régime.
Mais l’enquête va bien au-delà du champ militaire. Elle révèle également l’existence de circuits opaques liés à des ventes illicites de pétrole et d’autres ressources stratégiques, menées sans transparence sous la présidence Bongo. Ces opérations, aujourd’hui mises en lumière, auraient privé l’État gabonais de revenus colossaux, alimentant à la place des réseaux d’enrichissement personnel.
Une fuite à l’étranger et des attentes judiciaires
Alors que les accusations s’accumulent, l’ancien chef de l’État et plusieurs membres de sa famille ont quitté le territoire, échappant ainsi, pour l’instant, à toute comparution. Une fuite qui alimente la frustration d’une population en quête de justice et de vérité.
La Cinquième République, engagée sur le chemin d’une gouvernance plus transparente, promet de rompre avec les pratiques d’hier. Pour nombre de Gabonais, cette affaire pourrait marquer un tournant décisif : celui de la fin de l’impunité au plus haut niveau de l’État. La justice est désormais attendue au rendez-vous. Et avec elle, la preuve que le changement tant promis ne restera pas lettre morte.