Libreville : les fuites d’eau de la SEEG, symbole d’une gestion inefficace au PK 11

À Libreville, les plaintes liées à la distribution d’eau potable ne cessent de se multiplier. Alors que de nombreux ménages vivent au rythme des pénuries quotidiennes, certaines zones de la capitale gabonaise sont le théâtre de pertes massives d’eau… en toute impunité. C’est notamment le cas dans le quartier Malaba, au PK 11, où une installation de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) laisse s’échapper, depuis plus de trois ans, des quantités impressionnantes d’eau potable, sans qu’aucune solution durable ne soit apportée.

La situation, connue des riverains et régulièrement signalée aux services compétents, illustre les limites de la fameuse « Brigade bleue », censée assurer la maintenance rapide des installations hydrauliques. À Malaba, les eaux s’écoulent en permanence sur la voie publique, détériorant la chaussée, saturant les caniveaux et alimentant l’indignation des habitants. « Nous avons signalé ce problème à plusieurs reprises, mais la SEEG se contente d’envoyer une équipe qui repart sans rien faire de concret », témoigne une résidente excédée.

Cette fuite continue choque d’autant plus qu’à quelques mètres de là, plusieurs foyers manquent cruellement d’eau. Certains ménages doivent se lever à l’aube pour espérer remplir un bidon, tandis que d’autres dépendent des forages privés ou de la solidarité entre voisins. Le contraste est saisissant : d’un côté, une ressource qui s’échappe sans contrôle ; de l’autre, des familles entières plongées dans la précarité hydrique.

Le manque d’efficacité de la Brigade bleue de la SEEG questionne sur la chaîne de responsabilité et la capacité d’intervention de l’entreprise publique. Dans un contexte de rationalisation des ressources et de lutte contre les inégalités d’accès aux services de base, cette inertie technique devient difficilement justifiable. D’autant que chaque goutte d’eau perdue est un coût pour la collectivité, un gaspillage environnemental et une humiliation sociale pour ceux qui en sont privés.

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Face à cette situation, les habitants de Malaba appellent à une réaction urgente des autorités compétentes. Il ne s’agit pas seulement de réparer une canalisation, mais de restaurer la confiance dans le service public et d’assurer une gestion équitable de l’eau, bien vital devenu trop rare dans les foyers gabonais. Car à l’heure où le pays aspire à une gouvernance plus efficace, l’eau qui coule au PK 11 rappelle cruellement que certaines urgences restent ignorées.

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