Depuis l’annonce du décès brutal de l’international gabonais Aaron Salem Boupendza, le 16 avril 2025, les messages de condoléances et de soutien à la famille affluent venant des coéquipiers, anciens et actuels, ainsi que de nombreuses personnalités publiques. Mais, du côté de l’entraîneur des panthères, aucun message public.
Ce jeudi 29 mai 2025, alors que les hommages officiels à Aaron Boupendza se succèdent au Palais des Sports de Libreville, en présence des autorités, des membres du gouvernement et de nombreuses figures du football gabonais, une absence notable suscite de nombreuses interrogations : celle du sélectionneur national Thierry Mouyouma. Pourtant, l’un des visages attendus lors de cette cérémonie.
Une absence que certains expliquent par des raisons personnelles, mais que d’autres peinent à comprendre, notamment en raison du contexte particulier qui liait Mouyouma et Boupendza. En effet, quelques mois avant sa disparition, l’attaquant avait tenu, lors d’un direct sur les réseaux sociaux, des propos virulents à l’encontre du sélectionneur : « Mouyouma, c’est quel coach ? » avait-il lancé, visiblement agacé. Des mots qui avaient profondément choqué une partie de l’opinion sportive, mais qui avaient ensuite été suivis d’excuses publiques de la part du joueur.
De nombreux compatriotes estiment que le technicien national n’a peut-être pas totalement digéré cet épisode, ce qui pourrait expliquer son absence lors des obsèques officielles. Cette situation soulève une question de fond : un sélectionneur peut-il, au nom de ressentiments personnels, s’éclipser d’un moment aussi symbolique pour la nation ?
Dans ces circonstances tragiques, où la République toute entière rend hommage à un de ses fils, l’on aurait pu attendre une posture plus rassembleuse de la part du staff technique national. Le devoir de mémoire, la solidarité avec la famille sportive, mais aussi l’exemple donné à la jeunesse commanderaient une présence, ou à tout le moins, une parole.
Faut-il rappeler que, quelles que soient les tensions du passé, Aaron Boupendza est d’abord un enfant du pays, un talent reconnu, et un joueur qui aura contribué à écrire l’histoire des Panthères du Gabon. À cet effet, Son hommage devrait donc dépasser les querelles d’ego. Il interpelle notre capacité, collective et individuelle, à faire preuve de hauteur dans les moments où l’unité nationale s’impose.
Il serait dès lors souhaitable que le sélectionneur s’exprime publiquement afin de clarifier les raisons de son absence et d’apaiser les nombreuses spéculations qui circulent. Car dans les heures où le deuil unit un peuple, le silence, aussi sincère soit-il, peut devenir source de malaise.
C’est bien dommage pour le sélectionneur en tout cas qu’il vienne ou pas Aron sera enterré avec tous les honneur possibles.