Une présidence francophone à la BAD : Sidi Ould Tah élu président

C’est désormais officiel, Sidi Ould Tah, ancien directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a été élu à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD). L’élection s’est jouée ce mardi à Abidjan, au troisième tour de scrutin, mettant fin à une compétition serrée entre cinq candidats.

Au-delà de la nomination d’un homme, c’est toute une orientation stratégique de la BAD qui pourrait changer. Cette élection est comme une perche tendue à l’Afrique francophone, longtemps perçue comme marginalisée dans les grandes institutions financières panafricaines. Le soutien actif du Gabon, du Maroc, du Sénégal, de l’Algérie et d’autres pays d’Afrique francophone, a permis de créer un front commun, face aux candidatures plus dispersées du reste du continent.

Peu connu du grand public, Sidi Ould Tah n’est pas un inconnu dans les cercles du développement. Ministre mauritanien de l’Économie dans les années 2000, puis à la tête de la BADEA pendant près d’une décennie, il a su tisser un réseau solide au sein du monde arabe et africain. Son action à la BADEA a été saluée pour son pragmatisme : augmentation des financements pour les PME africaines, accent mis sur les infrastructures agricoles, meilleure synergie avec les banques locales.

Ce scrutin ne fut pas qu’économique, il fut aussi hautement politique. Parmi les cinq candidats en lice, on retrouvait notamment des représentants d’Afrique de l’Est et du Sud. La victoire de Ould Tah illustre le retour en force de l’Afrique de l’Ouest francophone, après plusieurs années d’hégémonie nigériane au sein de la BAD, institution dont le siège est à Abidjan, mais dont l’orientation a souvent été anglophone.

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Avec Ould Tah, on peut s’attendre à Une plus grande coopération Sud-Sud, notamment avec les pays arabes ; Un retour au financement des projets agricoles et ruraux, souvent délaissés au profit de la tech urbaine ou Une gouvernance plus multilatérale, rompant avec la logique de « super-présidence ». Selon un analyste, « L’élection de Sidi Ould Tah pourrait être une aubaine car il connaît très bien les contraintes des États à faible capacité institutionnelle, et il a toujours plaidé pour une simplification des procédures de financement ».

Les regards sont désormais figés sur les prochaines nominations au sein de l’institution, qui seront les vice-présidents de la BAD ? Q’en sera-t-Il des relations avec les partenaires internationaux (UE, Chine, Banque mondiale)? Quelles seront ses priorités, va-t-il miser sur l’agriculture, l’énergie ou les nouvelles technologies ? Autant des questions auxquelles nous auront certainement des réponses dans les prochains jours.

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