Afrijet / FlyGabon suspend provisoirement la hausse des prix des billets

Face à l’explosion annoncée des tarifs aériens, Afrijet/FlyGabon rompt le silence. Dans un communiqué publié le 27 mai, la compagnie aérienne nationale appelle à une concertation urgente entre tous les acteurs du secteur aérien, après l’instauration unilatérale par le gouvernement d’une hausse de 133 % de la taxe de sûreté dite « WZ », qui devait entrer en vigueur dès le 1er juin. Dans un geste de responsabilité envers sa clientèle, la compagnie a décidé de suspendre l’application de cette hausse durant la période estivale.

Cette décision gouvernementale, prise le 30 avril sans consultation préalable, a suscité de vives inquiétudes au sein de la filière. Afrijet déplore une mesure brutale, imposée sans étude d’impact ni coordination avec les compagnies aériennes, qui doivent pourtant adapter leurs systèmes informatiques de réservation dans des délais intenables. Cette augmentation ferait bondir la part des taxes dans le prix du billet à des niveaux inédits, affectant directement la mobilité nationale et le pouvoir d’achat des usagers.

Plus largement, Afrijet/FlyGabon critique une tendance préoccupante à l’accumulation des prélèvements. En l’espace de deux ans, plusieurs taxes se sont ajoutées : la taxe de sécurité « N7 », introduite en 2024 au profit de l’ANAC, ou encore la taxe infrastructure « R4 » dédiée à la construction d’une nouvelle aérogare à Libreville, dont les travaux restent invisibles à ce jour. Les opérateurs économiques, régulièrement mis devant le fait accompli, dénoncent une pression fiscale croissante, qui les transforme en simples collecteurs, malgré les risques pour leur image et leur viabilité.

Dans un contexte où la lutte contre la vie chère est affichée comme priorité nationale, cette inflation fiscale entre en contradiction directe avec les efforts de l’État pour rendre le transport aérien accessible. Afrijet rappelle que d’importantes subventions ont été consenties pour moderniser les infrastructures et soutenir les agences publiques, efforts aujourd’hui fragilisés par des hausses de taxes perçues comme arbitraires et contre-productives.

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La compagnie aérienne souligne également les failles dans la régulation du secteur, notamment le rôle opaque de certaines agences de voyages qui modifient tarifs et conditions sans contrôle, ajoutant à la confusion des usagers et à la défiance générale. Cette anarchie tarifaire, combinée à la pression fiscale, mine les initiatives comme le projet FlyGabon, conçu pour démocratiser l’accès au transport aérien domestique.

C’est dans cet esprit que la direction d’Afrijet/FlyGabon annonce une suspension temporaire de l’application de la taxe WZ, jusqu’au 1er octobre 2025. Une décision courageuse, financièrement coûteuse, mais dictée par la volonté de préserver l’équilibre entre compétitivité, service public et fidélité à ses clients. Cette suspension ne concerne toutefois que les billets émis directement par la compagnie, dans ses points de vente officiels.

Enfin, Afrijet/FlyGabon lance un appel solennel à l’ensemble des parties prenantes : gouvernements, agences, acteurs privés. Il est temps, insiste-t-elle, d’ouvrir une concertation franche sur le modèle économique du transport aérien au Gabon, sur la lisibilité de la fiscalité appliquée, sur l’efficacité réelle des agences bénéficiaires et sur la nécessité impérieuse de rationaliser les dépenses publiques pour garantir la compétitivité du secteur et le droit fondamental à la mobilité.

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