Culture du manioc : un rempart stratégique pour la souveraineté alimentaire du Gabon

Face aux défis croissants liés à la sécurité alimentaire, le Gabon fait le pari du manioc, ce tubercule profondément enraciné dans les habitudes culinaires nationales. La signature, le 26 mai 2025, d’un partenariat structurant marque une étape décisive dans la volonté du pays de renforcer son autonomie alimentaire et de réduire sa dépendance aux importations.

Bien plus qu’un aliment traditionnel, le manioc devient le pivot d’une stratégie nationale ambitieuse. La convention signée à la Maison Verte du PNUD entre les ministères de l’Agriculture, de l’Entrepreneuriat, et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), incarne cette volonté de transformer une culture vivrière en levier économique et social. L’objectif : faire de ce produit, consommé par plus de 80 % des ménages, un moteur de souveraineté.

Dans un monde soumis à des perturbations fréquentes des chaînes d’approvisionnement, assurer une production locale fiable des denrées de base est un impératif stratégique. « Le manioc occupe une place centrale dans notre alimentation et notre identité culturelle. Il est au cœur de notre sécurité alimentaire », a déclaré Odette Polo épouse Pandzou, ministre de l’Agriculture. Elle voit dans la valorisation de la chaîne de valeur du manioc « un maillon essentiel de la transformation agricole du pays ».

L’ambition est claire : passer d’une culture de subsistance à une filière structurée, compétitive et durable. Bien que largement consommé sous ses différentes formes : bâtons, farine, cossettes, tapioca, le manioc souffre encore d’un déficit de structuration sur les plans de la production, de la conservation et de la transformation. Ce partenariat entend combler ces lacunes en renforçant les capacités des producteurs, notamment des PME, des coopératives, et en valorisant l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes.

Lire Aussi:  Mbigou : deux gendarmes écroués à la prison de Mouila pour trafic de chanvre indien

Par cette démarche, le Gabon ne cherche pas seulement à nourrir sa population, mais à sécuriser sa chaîne alimentaire en réduisant sa vulnérabilité aux aléas des marchés internationaux. Le développement de cette filière s’inscrit dans une vision globale de relance économique inclusive, articulée autour de la valorisation du potentiel local et de la diversification de l’économie.

Le soutien du PNUD et des pays de l’Alliance IBSA (Inde, Brésil, Afrique du Sud) est un atout majeur dans cette entreprise. Leur expérience en matière d’agriculture durable et de développement de filières agroalimentaires constitue une ressource précieuse pour bâtir une filière manioc robuste et résiliente.

En misant sur le manioc, le Gabon honore ses traditions tout en posant les fondations d’un avenir maîtrisé. Ce pari stratégique sur un produit du terroir pourrait bien devenir le symbole d’un pays qui choisit de se nourrir par lui-même, en harmonie avec ses ressources et ses réalités.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *