La tension monte dans les couloirs de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo. Ce 21 mai 2025, la justice congolaise a officiellement saisi l’institution parlementaire pour obtenir la levée des immunités de Constant Mutamba, député national et président du parti Nouvelle Génération pour l’Émergence du Congo (NOGEC). Une démarche judiciaire aussi inattendue que symbolique, visant une figure politique connue pour son ton tranchant et ses positions radicales.
Avocat de formation, Mutamba s’est longtemps présenté comme le « maître de la justice », multipliant les discours enflammés sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et la nécessité d’une gouvernance éthique. Aujourd’hui, ironie du sort, celui qui appelait à la rigueur de l’État de droit est désormais appelé à en répondre devant les institutions. Une phrase circule déjà sur les réseaux sociaux : « Le maître de la justice a fini par se faire justice.»
La demande de levée de cette immunité parlementaire est une étape importante pour le peuple Congolais, bien que les chefs d’accusation précis n’aient pas encore été rendus publics. Toutefois, cette procédure judiciaire pourrait permettre aux autorités d’ouvrir une enquête formelle contre le député, ce qui constituerait un précédent notable dans la lutte contre l’impunité au sein des élites politiques.
Ce revirement soulève des débats. Tandis que ses partisans crient au règlement de comptes politique, d’autres saluent un tournant vers une justice plus impartiale et égalitaire. Pour beaucoup, cette affaire illustre les limites de l’immunité parlementaire lorsqu’elle est confrontée aux exigences de transparence et de responsabilité.
Dans un pays où la population exige des institutions plus crédibles et une justice plus ferme, l’affaire Mutamba pourrait devenir un test grandeur nature pour la séparation des pouvoirs. L’évolution de ce dossier sera scrutée de près, tant à Kinshasa que sur le plan international, comme le symbole d’un pouvoir judiciaire qui, peut-être, commence à s’émanciper des logiques partisanes.