Rien ne va plus à la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII). Depuis sa concession au groupe burkinabé Ebomaf, les agents de l’entreprise tirent la sonnette d’alarme, dénonçant une série de dérives graves. Par la voix de leur porte-parole, Nadia Vanessa Moussavou Madyba, ils ont saisi le président de la République, l’appelant à intervenir en urgence pour mettre fin à des pratiques jugées illégales et dangereuses.
Au cœur des préoccupations des employés, une gestion marquée par une opacité croissante. Le directeur général, qui devrait être le chef de l’entreprise, aurait été écarté des décisions stratégiques, celles-ci étant désormais concentrées entre les mains d’une contrôleuse générale, décrite comme la fille du PDG d’Ebomaf. Une situation perçue comme une mainmise étrangère sur la gestion d’une entreprise nationale.
Sur le plan financier, les agents dénoncent des pratiques contraires aux normes bancaires et comptables. Les recettes issues de l’exploitation de la CNNII ne seraient plus déposées dans les banques agréées, mais transportées en espèces vers le siège d’Ebomaf. Une gestion en espèces qui non seulement compromet la transparence financière, mais fragilise également les employés, contraints de recevoir leurs salaires en numéraire, au mépris des dispositions du Code du travail gabonais.
Les conditions sociales des travailleurs ne sont pas épargnées. Suppression des indemnités de retraite, absence de paiement des cotisations sociales à la CNSS et à la CNAMGS, imposition du travail les jours fériés sans compensation, réduction annoncée des salaires, et surtout un climat de menaces et d’intimidations. Pour les agents, ces pratiques constituent une violation flagrante de leurs droits fondamentaux.
Mais les accusations ne s’arrêtent pas là. Les agents de la CNNII alertent également sur des questions de souveraineté nationale. Ils pointent du doigt le refus d’immatriculer les navires sous pavillon gabonais, la circulation non contrôlée des cargaisons, ainsi que la présence supposée d’immigration clandestine à bord de certains navires. Des manquements qui, selon eux, mettent en péril la sécurité maritime et nationale.
Le collectif des agents accuse également la direction de défier les autorités maritimes en maintenant en service le navire IB 43 pour le transport de passagers, malgré une interdiction formelle. Une situation qui, selon eux, expose des vies humaines à un danger réel. « Il est inconcevable que des vies soient mises en péril pour des intérêts privés », s’indigne leur porte-parole.
Face à cette situation alarmante, les agents de la CNNII appellent le chef de l’État à prendre ses responsabilités, en tant que garant de la souveraineté nationale et de la stabilité sociale. Ils exigent le respect des engagements contractuels, l’application stricte du Code du travail et la protection de leurs droits, pour éviter que la CNNII ne sombre définitivement dans le chaos.