À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins du sida, célébrée hier, Mme Élodie Diane Fouefoue Epse Sandjoh, Ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, a livré une déclaration de presse émouvante devant un parterre de journalistes à Libreville. Avec une voix empreinte d’humanité, elle a lancé un appel vibrant à la solidarité nationale et internationale : « Plus aucun enfant ne doit être laissé pour compte. »
Un appel empreint de gravité
Face aux caméras, Mme la Ministre a tenu à saluer le courage silencieux des enfants vivant chaque jour dans l’ombre du VIH/sida. « Ce sont des enfants comme les autres, avec des rêves, des peurs et des espoirs. Ce sont nos enfants », a-t-elle affirmé avec solennité.
Les chiffres du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Libreville sont alarmants : 380 enfants et adolescents y vivent actuellement avec le VIH. Une majorité d’entre eux sont orphelins d’au moins un de leurs parents. Cette réalité douloureuse, souvent ignorée dans l’espace public, constitue une double peine pour ces jeunes, déjà fragilisés par la maladie.
Les témoignages recueillis dans les couloirs du CHU glacent le sang. Une fillette de 12 ans, abandonnée par ses proches après le décès de sa mère, peine à suivre son traitement. « Le manque de tuteurs légaux stables rend le suivi médical très difficile. Certains enfants sautent des doses, faute de repères ou de soutien familial », explique un pédiatre engagé depuis plus de dix ans dans cette lutte.
Les défis sont nombreux : stigmatisation persistante, abandon scolaire, précarité, ruptures de traitement… Malgré la mobilisation du personnel médical et des ONG locales qui offrent un appui psychosocial, les ressources demeurent limitées et les besoins, immenses.
Un appel à l’action collective
Face à cette urgence, Mme Fouefoue Epse Sandjoh a exhorté les institutions, la société civile, les familles et les partenaires internationaux à unir leurs forces. « Il nous faut bâtir un écosystème protecteur pour ces enfants : une école inclusive, un accès régulier aux soins, un soutien affectif et une reconnaissance pleine de leurs droits », a-t-elle plaidé.
Elle a également appelé à une meilleure coordination entre les services sociaux, les structures éducatives et les établissements de santé. Car au-delà des chiffres, c’est une génération entière qui risque de sombrer dans l’oubli, faute d’un accompagnement adapté.
Ce drame silencieux, que l’on préfère souvent ignorer, nécessite un sursaut collectif. « Il est temps que les orphelins du sida soient reconnus, non pas comme des victimes, mais comme des porteurs de résilience, dignes de l’attention, de la solidarité et de l’investissement de tous », a martelé la Ministre, le regard déterminé. Son message est clair : il ne suffit plus de compatir. Il faut agir. Et agir vite.