Ce que bien des diplomates jugent encore impensable s’est pourtant produit à Libreville ce samedi 3 mai : Paul Kagame et Félix Tshisekedi, présidents respectifs du Rwanda et de la République démocratique du Congo, se sont retrouvés côte à côte à Libreville, à l’occasion de l’investiture officielle de Brice Clotaire Oligui Nguema à la tête du Gabon. Une image forte, presque surréaliste, alors que les relations entre Kigali et Kinshasa restent tendues, voire glaciales.
Ce moment diplomatique rare est tout sauf anodin. Il consacre le rôle grandissant du président gabonais sur la scène africaine, et met en lumière sa capacité à fédérer, à créer des ponts là où d’autres n’y voient que des lignes de fracture. Dans un contexte régional miné par les rivalités géopolitiques, les accusations mutuelles de soutien à des groupes armés, et une confiance bilatérale au plus bas entre la RDC et le Rwanda, la simple présence simultanée de Kagame et Tshisekedi dans un même lieu relève d’un tour de force.
Brice Clotaire Oligui Nguema, en réussissant cette prouesse, confirme sa stature d’homme d’État à la fois respecté et écouté. À peine quelques mois après sa prise de pouvoir, il s’impose déjà comme un acteur clé de la médiation africaine. Son positionnement pragmatique, son discours de souveraineté apaisée, et son souci d’unité continentale semblent porter leurs fruits.
À Libreville, aucun échange direct n’a été officiellement confirmé entre les deux chefs d’État. Mais leur présence conjointe vaut déjà symbole. Elle envoie un signal fort : le dialogue, même silencieux, reste possible. Et c’est le Gabon qui en devient, ne serait-ce qu’un instant, la scène.
Dans les cercles diplomatiques, certains y voient l’émergence d’un nouveau profil de leadership africain : moins dogmatique, plus stratégique, attaché à la stabilité sans renoncer à la fermeté. Un leadership capable de rappeler que l’Afrique ne pourra relever ses défis qu’en resserrant les rangs, même dans la divergence.
Brice Clotaire Oligui Nguema, en orchestrant cette séquence, n’a pas seulement reçu l’onction de ses pairs ; il a posé un acte politique fort, qui dépasse les frontières du Gabon. Il faudra en observer les retombées. Mais déjà, la diplomatie gabonaise semble avoir retrouvé un souffle et une voix.