Ce samedi 3 mai 2025, le Gabon vit une journée d’une portée historique, marquée par l’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema au Stade de l’Amitié d’Angondjé. Au-delà de l’événement politique, c’est tout le continent et plusieurs partenaires internationaux qui braquent actuellement leurs regards sur Libreville. L’affluence exceptionnelle de chefs d’État et de délégations de haut niveau donne à cette cérémonie les allures d’un véritable sommet diplomatique.
Parmi les personnalités présentes figurent les présidents John Dramani Mahama (Ghana), Adama Barrow (Gambie), Umaro Sissoco Embaló (Guinée-Bissau), Mahamat Idriss Déby (Tchad), Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie), Julius Maada Bio (Sierra Leone) et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale). Leur présence souligne un message fort : l’Afrique place la coopération, l’intégration régionale et le renforcement des institutions démocratiques au centre de ses priorités.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, nouvelle figure montante de la CEDEAO, ainsi qu’un représentant de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), ont, eux aussi, répondu à l’appel. Ensemble, ils ont réaffirmé la volonté collective de bâtir un continent plus stable, résilient et tourné vers un développement durable partagé.
Moment inattendu, mais hautement symbolique : la présence de Massad Boulos, émissaire spécial du président américain Donald Trump et nouveau représentant personnel pour l’Afrique. Homme d’affaires influent et proche du pouvoir républicain, Boulos a exprimé la volonté renouvelée des États-Unis de renforcer leurs relations avec le continent, en misant sur des partenariats concrets dans les domaines économiques, sécuritaires et sanitaires. Ce geste diplomatique confirme l’attention croissante que Washington accorde aux équilibres stratégiques en Afrique centrale.
L’investiture s’est ainsi imposée comme un carrefour d’échanges. En marge de la cérémonie, plusieurs discussions bilatérales ont eu lieu entre délégations, portant notamment sur des projets d’infrastructures, de coopération énergétique, de numérique et de lutte contre le terrorisme. Des accords sont en préparation, signe que Libreville entend jouer un rôle actif dans la relance des grands chantiers africains.
Cette mobilisation régionale et internationale illustre aussi la confiance restaurée envers le Gabon après la transition politique entamée en août 2023. Le pays, longtemps isolé sous l’ancien régime, retrouve désormais sa place au sein du concert des nations, en tant qu’acteur stable, crédible et tourné vers l’avenir.
Au-delà du protocole, cette investiture aura été une démonstration de diplomatie maîtrisée. Une déclaration de souveraineté assumée, mais aussi d’ouverture vers un monde qui a entendu le message.