3ᵉ arrondissement : les Bâtisseurs se déchirent, les fondations du pouvoir vacillent déjà

Le 3ᵉ arrondissement de Libreville, longtemps perçu comme un bastion de stabilité électorale, traverserait actuellement une zone de turbulence sans précédent. Les tensions internes au sein des Bâtisseurs prendraient une tournure de plus en plus conflictuelle, au point de fragiliser l’unité du mouvement dans cette circonscription stratégique. Les jeux d’alliances, les luttes d’ego et les repositionnements rapides d’anciens cadres politiques laisseraient entrevoir une fracture profonde dans ce qui aurait dû incarner la promesse d’un renouveau.

Au cœur de cette tempête politique, l’ex-député PDG Eloi Nzondo Ondimba, autrefois figure influente, verrait sa légitimité fortement remise en question. Son retour avec une liste taillée sur mesure où il s’imagine en tête, flanqué de ses proches Duval et Joséphine, se serait soldé par un refus sans appel. Une claque politique symbolique, d’autant plus cuisante que la contre-offensive ne se serait pas fait attendre. Akassaga, son rival du moment, plus fin stratège, aurait déposé une nouvelle liste, cette fois avec Edwige en tête, Élébé en 4ᵉ position… et Eloi relégué à la 10ᵉ place. Une véritable dégradation de statut, traduisant l’isolement progressif de l’ancien « tout-puissant ».

Cette lutte intestine aurait déjà déteint sur les bases militantes. Dans le quartier Balango, fief traditionnel d’Eloi, les noms d’Axelle Mouguiama Princesse, Duval et Joséphine seraient désormais associés à un climat de confusion et de déception. Plusieurs partisans songeraient à raccrocher, las de ces guerres d’ego et de promesses non tenues. Eloi lui-même, politiquement affaibli, envisagerait sérieusement de jeter l’éponge. Le malaise serait palpable, l’effritement des certitudes s’accélérerait.

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La tension, loin de retomber, aurait même failli atteindre un point de rupture. La semaine dernière, une altercation aurait éclaté entre le général Claude Mbadou et Akassaga. L’incident aurait pu dégénérer sans l’intervention de proches, illustrant une fois encore l’atmosphère électrique qui régnerait au sein du camp des Bâtisseurs. Dans un tel contexte, un mot de trop suffirait à mettre le feu aux poudres, tant les clivages sembleraient profonds et les rancunes tenaces.

Ce spectacle de désunion devrait amener les démissionnaires du Parti Démocratique Gabonais (PDG) à s’interroger. Eux qui espéraient bâtir un édifice politique plus solide ailleurs, se retrouveraient plongés dans des querelles de clocher, des exclusions humiliantes et une guerre ouverte pour le pouvoir local. Les véritables bâtisseurs, dirait-on, ne fuiraient pas face aux fissures : ils les répareraient avec courage et lucidité. Ce que donnerait à voir aujourd’hui le 3ᵉ arrondissement, c’est qu’on ne construirait pas l’avenir avec des fondations politiques minées par les ambitions personnelles.

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